XV de France - Szarzewski : ' On a osé se faire des passes '

XV de France - Szarzewski : ' On a osé se faire des passes '

Publié le 03/02/2014

Le premier weekend du Tournoi des Six Nations 2014 s’est soldé par un Grand Chelem pour les joueurs du Racing. A Dublin dimanche, avec 13 points au pied Jonny Sexton joua un rôle décisif dans la victoire de l’Irlande face à l’Ecosse (28-6), et à Cardiff samedi Jamie Roberts, Mike Phillips et Dan Lydiate furent tous déterminants dans le succès des Gallois (23-15) contre l’Italie.

 

Tandis qu’au Stade de France samedi soir, nos trois joueurs Ciel et Blanc ont tous porté leur pierre à la victoire haletante des Bleus (26-24) face à l’Angleterre. Avec 14 plaquages (dans la seule première période) Bernard Leroux fut sacré meilleur plaqueur de la rencontre. Avec cinq points au pied, Maxime Machenaud, entré en jeu à la 57e, assura la victoire avec un but (70e) et une transformation (78e).

 

Mais c’est le capitaine Ciel et Blanc Dimitri Szarzewski qui fut le plus en vue, apportant du dynamisme dès son entrée sur la pelouse à la 43e, et illuminant la fin de match avec un geste technique digne d’un trois-quarts centre. Car à la 77e minute, sur l’invraisemblable remontée française qui dura 107 secondes,  c’est Szarzewski qui, intercalé dans la ligne, perce, fixe deux défenseurs et ajuste une passe millimétrée pour Gaël Fickou qui ira marquer l’essai de la gagne.

Dimitri Szarzewski revient pour nous sur cette séquence décisive dans la victoire historique des Bleus. (Ici en compagnie d'Eric Blanc)

 

 

Dimitri, en injectant de la vitesse, tu as joué un rôle important dans la victoire. Est-ce que tu avais des consignes particulière en entrant sur le terrain ?

 

Bien sûr, c’est le rôle des remplaçants. On le sait maintenant, le rugby se joue à 23, notre rôle est d’apporter un peu plus de dynamisme, un peu de punch et d’essayer de réveiller tout le monde. On aurait pu sombrer après l’essai de Burrell en début de seconde période. Mais malgré tout, on continue à jouer, on prend les initiatives, on se fait des passes et ça finit par payer…

 

 

Pourtant tu es entré en jeu à un moment difficile pour le XV de France…

 

C’est vrai, on commençait à subir et les Anglais ne cessaient de monter en puissance. On a trop subi, en défense on n’est pas monté assez haut les chercher. Mais ce qui est bien, c’est que l’équipe a montré énormément de caractère pour revenir et passer au score. On était comme des morts de faim et, comme tous les coéquipiers qui sont entrés en cours de match, j’avais envie de renverser la vapeur. Le Crunch, chez nous, on voulait pas passer à côté. Je l’ai dit dans le vestiaire, pour certains, surtout pour les trentenaires, c’était peut-être le dernier match en France contre l’Angleterre. Et face à cette équipe anglaise on avait envie de garder un bon souvenir. 

 

 

D’ailleurs, tu as joué un rôle décisif sur l’essai de Fickou. Peux-tu nous le raconter ?

 

On avait vu à la vidéo que les retours côté fermé allaient être payants. Sur cette action, c’est vrai qu’on va un peu plus au large, et on fait l’effort de se replacer. Je crois que c’est Brice (Dulin) qui prend le ballon, et il ouvre sur l’extérieur. Je suis dans la ligne, il me fait confiance, parce que je connais plus d’un trois-quarts qui, en me voyant, seraient revenus inter (Rires). Mais non, on a osé. On a osé faire des passes. Puis il y a Gaël qui m’appelle sur l’extérieur et j’essaie de cadrer l’avant-dernier défenseur…

 

 

 « Les Anglais commençaient à prendre le dessus. On les sentait arrogants, sûrs d’eux. On voyait dans leur regard que pour eux, c’était fait. »

 

 

 

Mais avant ça, tu accélères, tu perces sur au moins 30 mètres, non ?

 

Non, je dois faire une dizaine de mètres, c’est tout. (ndlr en réalité une vingtaine). Mais je vois tout de suite que le coup est gagnant. Je vois qu’il y a un avant en face, donc sur la passe je prends de la largeur. La passe de Brice pris en avançant, c’est ce qui me permet de franchir le premier rideau. Puis je vois le deuxième centre, ou l’ailier, je ne sais plus, j’essaie de rentrer ma course pour le fixer, je donne à Gaël et lui après joue parfaitement le coup.

 

 

En fait tu fixes deux défenseurs avant de servir Fickou…

 

Ah bon ? Je ne savais pas. Ca allait tellement vite ! (Rires) 

 

 

Sur cet essai, l’applaudimètre du Stade de France a explosé. Vous en êtes-vous rendu compte sur le terrain ? 

 

Oui, c’est vrai, c’était comme une libération. Surtout sur un retournement de situation comme ça ! Il y avait cinq points d’écart, on sentait que les Anglais commençaient à prendre le dessus. On les sentait arrogants, sûrs d’eux. On voyait dans leur regard que pour eux, c’était fait. Mais nous, on  a montré énormément de caractère. On a su revenir, et là, à deux minutes de la fin du match, c’est vraiment extraordinaire. C’est jouissif de battre les Anglais comme ça. Tout n’a pas été parfait, mais jusqu’au bout on a senti tout le public derrière nous, et ça fait extrêmement plaisir.

 

 

Bref, un excellent début du Tournoi après la cuillère de bois de l’année dernière ?

 

C’était important de bien démarrer la compétition, et pour emmagasiner la confiance, il n’y a rien de tel qu’une belle victoire. Du coup, cette semaine on va être un peu plus sereins à l’entraînement, on va pouvoir se libérer un peu plus. Après, il ne faut pas s’emballer, ce n’est qu’une victoire ! On l’a vu, ça a été difficile, il va falloir garder les points positifs, tout en gommant les erreurs. Mais le résultat est là. Et c’est le principal !

 

 

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Vos réactions

Le 06/02/2014 par patriciaduplessis
Waouuhh! J'ai eu la chance de vivre cela au Stade et là c'était du grand art. Nous avions froid nous étions déçus de cette deuxième mi-temps et tout à coup une embellie, un espoir, tout le monde debout qui hurlait!! On chantait on criait on applaudissait on ne savait plus qu'une chose : on a gagné contre les Anglais. Merci de nous faire vivre des moments aussi riches ! Mille bravos !
Le 04/02/2014 par olive
Oui Dimitri,au Rugby, on court,on esquive,on se lance,on fixe,on feinte,on cadre,on déborde,on passe,on joue au pied des balles à suivre(pour soi-même ou ses partenaires),on centre ,et on a toujours un copain,deux,trois parfois,qui sont là pour finir le boulot entre les poteaux,sans jamais être rentrés dans le chou de personne...Oui, Dimitri,le Rugby c'est un sport d'évitement, qu'on joue tête haute, et qui réjouit les copains et les spectateurs!Puisses-tu,Dimitri,avoir donné une bonne leçon à tous ceux qui croient que le Rugby est un jeu de brutes.Merci encore pour ta belle échappée:on en attend d'autres!!!

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